La Confédération de Tagaraygarayt

Avant la conquête arabe de l’Afrique, la présence juive au Sahara est attestée par la présence de stèles et de pierres portant des inscriptions témoignant d’une véritable « ère juive » dans cette région. La région du Touat, au cœur du Sahara, est un des exemples de l’essor des tribus juives sur le continent africain. Devenue une plaque tournante du commerce transsaharien du XII au XIVieme siècle, Certains historiens, parlent même d’une civilisation juive dans cette région.
Voici un article de Jacob Oliel sur l’état de lieu actuel de la connaissance sur ce sujet : http://www.terredisrael.com/infos/60780/

La vraie question est donc de chercher à savoir quelles tribus ou habitants sahélo-sahariens sont issus de ce peuplement juif. Même s’il est vrai qu’une quelconque prétention à une origine israélite ne pourrait que s’inhiber face à la barbarie hilalienne dans toute l’ Afrique du Nord, ou face à la haine aveugle du juif, c’est le cas, par exemple, d’Al Maghili au Sahel, il est incompréhensible qu’aucun chercheur ne parvint à donner un début de réponse à cette question.

Concernant la confédération touarègue de Tagaraygarayt, ses origines israélites sont d’une surprenante évidence.La période exacte de la naissance de cette confédération n’est pas connue. Elle est fondée par un ensemble des tribus religieuses nommées Ibarkorayan. Cet ensemble est constitué de 3 sous-ensembles que sont : Aït Awari, Esherifan et Kel Aghlal.

Il ressort de différentes versions, notamment celle des Kel Aghlal que la naissance de cette communauté coïncide avec les premières migrations islamisantes venues du Proche-Orient. Les Ibarkorayan sont l’une des premières vagues venues dans la région de l’Aïr et l’Est de l’Azawagh. Le Chef de leur communauté a été signalé par Ibn Battuta en 1353 près de Tacadda (Tegedda), ce qui est justement l’aire de pâturage de Tagaraygarayt. Au début du 18eme siècle la Tagaraygarayt a accueilli une partie des tribus Iwellemeden venues de l’Ouest de l’Azawagh. Redoutables guerriers, ceux-ci ont constitué un des pôles agissant dans la vie de Tagaraygarayt.

Les Ibarkorayan

Le terme « ibarkorayan » est le pluriel de « barkoray », ce qui veut dire en langue Tagaraygarayt « fils de koray ». Or c’est aussi sa signification en hébreu. « ibarkorayan » veut dire donc « les fils de Koré », ce qui est le nom d’un des plus puissants clans des israélites depuis Moïse. D’ailleurs le Prophète Samuel, un des Fils de Koré, est, suivant les instructions de Dieu, le père fondateur du royaume antique d’Israël. Les Fils des Koré avaient aussi, l’énorme responsabilité des gardiens des trésors de Dieu, ensuite les gardiens du Temple. Ils étaient aussi les chantres du Temple. Une partie des Psaumes de David porte leur nom.

Ainsi ce nom apparaît avec Moïse, avec David, avec Jésus Christ aussi car St. Augustin nous apprend que « Les Fils de Koré sont les Juifs convertis à la voix de Pierre, quand le Saint-Esprit descendit ». C’est ce mythique nom de l’histoire énigmatique d’Israël qui refait surface aujourd’hui parmi les mystérieux Touaregs.

Alors ils sont comment ces Fils de Koré Touaregs ?

Premier regard, premier constat : ces sont des Hommes Bleus. Quelle coïncidence ! C'est la couleur de Koray.

Allons plus en profondeur. D'après l'érudit des Ibarkorayan Ghoubeïd agg-Alawjeli, qui a consulté ‘’Les Chroniques d’Agadez’’ quatre tribus arrivèrent les premières en Aïr : les Imeskikyans, les Inessufa, les Ilisawan et les Iberkorayan.
Qu’est ce qui est advenu de ces tribus actuellement ?
Les Imeskikyans n’existent plus. Certains disent qu’ils ont été absorbés par les vagues de tribus venues plus tard et qui constituent l’actuel peuplement de l’Aïr. D’autres affirment qu’ils se sont fondus dans les Illissawan.
Les Inessoufa aussi ont disparu. Des membres de la Confédération de Tagaraygarayt revendiquent des ancêtres de cette tribu.
Les Illssawan existent toujours. Mais les Touaregs tout aussi bien que les Haoussa se l’approprient. Ils sont certes d’origine touarègue, mais ils n’intéressent plus les chercheurs de la culture touarègue.
Quant aux Ibarkorayan, non seulement ils existent, mais ils ont conservé leur identité peut-être quasi-intacte.
Comment ont-ils réalisé une telle "prouesse" culturelle ?

Après une domination de plus de 20 ans au service d'une entreprise assimilationniste caractéristique de la colonisation française, voici un extrait de la conclusion de la première étude de Tagaraygarayt faite par les Français au début du siècle dernier :

. .. en comparaison des autres Touaregs, les Oulliminden de Tahoua [c’est le terme incorrect que les Français ont donnée au Tagaragarayt] sont de beaucoup le groupe qui nous est le plus hostile de toute la colonie du Niger que ce soit par orgueil et rancune chez les nobles, ou par fanatisme religieux chez les maraboutiques. La froideur de leur accueil contraste avec la familiarité des autres Touaregs de la colonie. Il faut noter ce fait curieux de fanatisme religieux assez rare chez les Touaregs, dû probablement à l'origine maraboutique de presque toute la confédération. .. (Yves URVOY Capitaine d'Artillerie coloniale)

De cet extrait il ressort que traditionnellement la Tagaragarayt est la communauté touareg la plus islamisée. Toutefois aujourd’hui, malgré le déferlement du fanatisme et de l’extrémisme islamique dans les régions touarègues, il se révèle que c’est l’une des moins fanatiques.

En fait la Tagaraygarayt et plus particulièrement les Ibarkorayan ne se livrent pas facilement à tout venant qu'ils soit européen ou arabo-musulman. Ils ont été les premiers à créer une organisation, en Libye pour conscientiser les Touaregs et dénoncer les injustices dont ils sont victimes tout en refusant d'affirmer une quelconque arabité des Touaregs. Kadhafi, dans sa folie d'arabisation des Touaregs, a été obligé d'aller ailleurs pour obtenir cette prétention.

Les Ibarkorayan ont des mœurs (que nous exposerons) anti-assimilation qui ne pourraient être mis au point que par des sages, pour ne pas dire des stratèges, qui ont vécu le traumatisme babylonien.

Tout cela pourrait être l’expression de l’esprit de Gardiens du Temple qu’avaient les Fils de Koré dans l’antiquité.
Dans tous les cas, aucune communauté israélite ne peut perdurer face à l’assimilationniste qu’en adoptant des telles stratégies conservatrices.